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Le jour où j’ai cru sauver un raton laveur

Depuis hier, je suis malade et condamnée à me « reposer ». Je n’en avais pas envie, mais bien le besoin. On applique donc les ordres du médecin. Ce matin, mon beau-père vient tout de même à la maison pour effectuer des travaux sur notre terrain. Vers 9h, il m’appelle : « Il y a un bébé raton laveur coincé ! » Whaaaat ? Cloitrée à l’intérieur, je l’implore: « Fais une photo ! »

Et puis, je regarde par la fenêtre et j’aperçois au loin la petite bête. Elle semble roulée en boule. Terrorisée sans doute par le bruit de la mini-pelle qui oeuvrait il y a quelques minutes encore à quelques mètres d’elle. Quand il me montre la photo, je fonds ! Il est si mignon… Dans mes souvenirs, ça n’avait tout de même pas l’air commode un raton laveur. Mais je ne pouvais pas le laisser là non plus ! Que faire ?

Mon premier réflexe, c’est d’appeler le parc animalier Forestia ou le Monde Sauvage d’Aywaille. Je tente le premier, ayant une mauvaise expérience passée de longues minutes au téléphone avant que quelqu’un ne décroche au parc aqualien. A Forestia, on me renvoie vers l’asbl Le Martinet, puis Creaves (Centre de Revalidation des Espèces Animales Vivant à l’Etat Sauvage). Ce dernier me dit que je peux leur amener l’animal. Il semble coincé, je ne peux pas sortir de chez moi et ne suis pas équipée pour approcher et capturer un raton-laveur, même si celui-ci semble un bébé sans défense.

Je réfléchis et retourne à la base… Le vétérinaire. J’en contacte un qui me renvoie vers le Département Nature et Forêt du SPW. Après plusieurs contacts, je tombe sur le garde-forestier de notre secteur qui me dit qu’il passera dans la matinée. Entretemps, quelques photos en plus enregistrées dans le smartphone, je partage les clichés du raton mignon avec des amis. Qui me mettent vite en garde : « C’est une espèce invasive, ils vont l’abattre ! »

Je n’ose pas trop croire à ce destin néfaste. Cette jolie bête ? Mais qui voudrait s’en débarrasser ? Recroquevillée dans un coin, elle semble tellement inoffensive… Puis le garde-forestier arrive. « Vous n’allez pas la tuer, m’sieur ? » (regard implorant). Lui (regard compatissant) : « C’est une espèce invasive… Elle tue les oeufs de nos petits oiseaux… Normalement, je dois m’en débarrasser… » Alors, je bataille un peu, osant un petit « J’peux pas la garder ? » Et mon coeur balance… Qui mérite le plus d’être sauvé : les oiseaux ou ce raton mignon ? Le garde-forestier me promet qu’il va appeler la SPA qui recueille parfois ces animaux, mais que sinon… Un petit « bye bye » à ce bébé raton-laveur et je me fais une raison. Je suis de nature optimiste/idéaliste/naïve et ce jeudi, j’ai seulement failli sauver un raton-laveur.

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